Les rêveries du dormeur solitaire

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Afremov

Quelle est cette pensée qui trotte dans ma tête ?

Ce sont les suaves chamades rythmées de mon cœur,

Que tu chevauches, légère, à pas de trotteur.

Tes yeux, pour mors, suffisent à dompter la bête.

 

Si long est le chemin qui m’amène vers toi.

Courtes sont mes nuits quand je te rêve et te vois.

Je t’espère à chaque tournant, à chaque croix de pierre.

Mais le sentier se couvre de feuille et me perd.

 

 

Hô ! Comment ai-je pu autant me trompé de route

Pour ne point croiser et partager ton destin ?

L’hiver arrive et tu t’éloignes sous la voute

D’un ciel que je voudrai retenir de mes mains

 

Tu as pourtant mille malices pour me réchauffer,

En dansant avec moi comme une ardente flamme,

Les corps bouillonnant l’un contre l’autre, calcinés,

Nos deux âmes enlacées dans ce brasier s’enflamment

 

Je m’attache à tes lèvres et m’endors à ton cou

La sombre pièce est tiède mais le lit y est doux

Le réveille est glaçant et mon sommier noyé

Je rêve de t’aimer, perché dans mon pommier.

15/09/2018

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Afremov

Sur l’amour

Propos du 05/12/2015

Parlons un peu d’Amour, et je dis bien d’Amour, de ses différents ramages bariolés, de l’amour shakespearien à l’amour charnel, de l’amitié, de la famille, et même, de l’amour chrétien ; car s’il existe un moment où les hommes se font volontiers chrétiens, c’est au moment de prêcher l’amour. A ceci prêt que l’amour chrétien a pour finalité l’amour de Dieu. Nous, nous ne visons pas de dieu à travers l’amour des hommes, mais quelque chose de réellement sacré, je veux parler du monde des vivants.

Pour aborder l’Amour, avec une note de philosophie, mieux vaut faire preuve de délicatesse. C’est que j’aimerai en parler comme un poète, l’âme romantique, mais l’exercice appelle à la prudence philosophique. Se méfier de l’opinion commune, regarder derrière les apparences pour mieux en rendre compte, c’est le travail du scientifique, et à plus forte raison, du philosophe. Après tout, la philosophie, c’est l’« amour de la sagesse ». Voici la seule discipline universitaire où l’on apprend à aimer, c’est dans le mot. Mais qu’aime-t-on ?

Chacun pourra dire connaître le sentiment d’amour. Mais je voudrais savoir de quel sentiment on parle, celui des débuts, de la rencontre et du coup de foudre, quand l’esprit est tout à l’autre, ou celui de la douce habitude qui s’installe, de la routine, plaisante pour certains, entrave pour d’autres ? Est-ce aussi là l’amour ? Vous ne me ferez pas croire à l’éternité de la passion du commencement, mais peut-être se métamorphose-t-elle en ce doux plaisir de l’accoutumé que Rousseau peignait dans l’Emile. Une chose paradoxale est dite ici, l’amour n’est pas seulement une passion subie, mais il demande, pour exister, l’effort des uns et des autres.

Dans l’histoire, se marier par amour est chose peu courante, et même encore aujourd’hui. Le mariage était surtout un moyen économique, un jeu d’alliance, pour renforcer sa position et assurer sa postérité. La lune de miel, la romance, la fête, les baisers et les caresses des mariés, de belles choses devenues commune en même temps que le cinéma hollywoodien. Certains se retrouvent, peut-être, comme une même âme déchirée à la naissance, « l’âme sœur », pour finir leur vie ensemble. Mais je n’y crois guère. Les passions viennent, les passions vont. Il n’est pas dans la nature des Hommes de désirer une seule personne pendant toute une vie. Il vaut mieux se marier de raison, disait l’Humain trop humain, avec un bon ami à qui l’on pourrait tenir la conversation, c’est que la beauté finit par faner dans l’œil. Ah oui ? Désir et amour seraient deux choses.

Schopenhauer est plus lucide encore. Pour le résumer, sans le trahir, le philosophe parle d’amour comme ruse de la nature. Le but final : la survie de l’espèce ; l’espèce homme se perpétuant dans l’acte d’aimer. Notez que la biologie moderne évolue dans ce sens, histoire de phéromones, histoire de conservation. Mais il n’empêche, monsieur Arthur, qu’il arrive un moment plaisant où nous le ressentons tous, cet amour. Et peu importe l’illusion, nous aurions beau savoir ce qu’est aimer, cela n’empêchera pas d’aimer.

Toutes ces séparations, ces déchirures, tous ces peoples qui se prennent et qui se jettent – ces gens qui nous servent de modèles – est-ce parce que l’amour ne dure pas, ou est-ce parce qu’on ne sait pas aimer ? Dans nos mœurs, le couple est un critère de réussite. Les moyens de rencontre n’ont jamais été aussi nombreux. Amour fugace, amour rapide, amour qui dure, mais amour, et gare à celle ou à celui qui se retrouve seul. J’y vois surtout de l’amour « consommé », alors qu’au contraire, je voudrais croire que la preuve d’amour se révèle là où la difficulté sévit. Aimer parce que l’autre est ambitieux, riche, ou fort, ce n’est pas l’aimer pour lui-même, mais c’est soi-même que l’on vise à travers lui. L’amour prend corps dans les actes. Un homme qui reste fidèle à sa femme parce qu’il ne veut pas la trahir, par exemple, fait acte d’amour, ou une preuve de grandeur. Mais il est plus facile de dire « je t’aime », que de le prouver. Un père qui prend de son temps pour s’occuper de ses enfants, j’y vois là un acte d’amour. Mais il est plus facile de dire « je t’aime » que de le montrer. Aussi, si nous voulons croire en l’amour, comme toutes grandes idées de la pensée, il ne tient qu’à nous de lui donner un corps.

Propos du 05/12/2015

Apprendre l’étymologie

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La cuniculture désigne l’élevage de lapin, « cuni » provenant du latin « cunnus » et signifiant « lapin, lapine ». A ne pas confondre avec le cunnilingus qui étymologiquement signifie « léchage du sexe féminin », « lingus » renvoyant à la langue et « cunni » au sexe de la femme.

On fera bien attention à ne pas confondre les deux termes, le cunnilingus n’étant pas le léchage de lapine et la cuniculture l’élevage de chattes.

Confusion d’autant plus évidente quand l’on sait que le CUNNI se fait CUNNU.