Recueil de poèmes

Chères lectrices, chers lecteurs, amis de la poésie.

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Je vous joins un recueil de l’ensemble des poèmes écrits ces cinq dernières années, écrits de jeunesse. En format PDF, n’hésitez pas à le feuilleter – vous y trouverez peut-être quelques perles – et à laisser vos commentaires.

Recueil de Poésies iconePdf

Rêve d’enfant

L’enfant croit en l’homme et s’y attache, il voit le père comme un dieu et la mère comme son monde. Son cœur est rempli d’une confiance débordante ; la parole est d’or, ce qui est dit compte, engage, s’enveloppe de vérité et de certitude ; il ne connaît pas la trahison. L’âge de l’enfance est un âge religieux, là où l’univers se plie à la volonté, se modelant sur les monts de l’imaginaire, peuplés d’aventures et de rêveries ; quelques sanglots, quelques prières, suffisent pour se faire servir, se rassurer, et s’endormir.

Comment croire que l’homme se trompe, que l’homme nous trompe ? Le monde ne colle plus à nos idées d’enfant, il résiste, ne se tord point ; les forces du mal peinent à s’identifier d’un simple coup d’œil, par ouïe dire, d’un battement de cils. Le loup en devient fascinant, lui qui dans les contes tue par méchanceté, par plaisir, par goût du sang, le voilà désormais en proie à lutter pour sa propre survie ; ses victimes n’ont plus la chaire de l’innocence ni lui les crocs du diables. Pourquoi ai-je envie de faire du mal, de faire souffrir, pense l’adolescent, pourquoi cette confiance qui remplissait mon cœur s’est-elle purifiée en une eau boueuse et limoneuse ; ce pincement dans les côtes que je ne peux décrire, une admiration pour le noir et la nuit comme un cocon contre cette lumière qui me dévoile le monde, qui me dévoile les hommes.

Je me reconnais dans mon père, l’immortel devenu humain, il reflète mes faiblesses, le miroir de mon âme. Il n’était pas concevable que l’homme trahisse, s’oppose alors à la beauté du jour les tiédeurs de la nuit. Le cadavre attire le regard.  Il faut une force plus grande pour détruire un affect contraire, à un grand amour s’oppose une grande colère. L’enfant croit en ses parents, en ses professeurs, en ses entraîneurs, en ces parents de copains, à ses idoles, et tous ceux qui lui veulent du bien. Il n’était pas concevable que l’homme trahisse, abandonnant rêves et espoirs aux petites vertus pour ne plus s’attacher qu’à peu de choses. Il faut bien vivre !

Comment accepter que tous ceux en qui l’on croyait, tout ce qui nous a fait, aient pu être dans l’erreur, traversés de faiblesse ; que tout ce monde sur lequel on repose, se fonde parfois sur de la poudre et du vent. Il fallut accepter, concéder, abandonner, s’arracher une part de soit même pour continuer d’exister. Le mal n’est pas dans les choses, il n’est pas non plus en nous, sous la peau, dans les yeux, ni même dans cette mauvaise pensée qui nous attriste ; son existence est idée, conséquence de ce qui fait souffrir une âme.

Les rayons du soleil ne sont plus les galaxies de poussière, les nuages les peintures de nos songes, la classe a rétrécie, et l’homme a bien vieilli. Nous croyions que le monde était bon, nous voyons qu’il est neutre, neutre de tout sentiment et de toute passion. Nous projetons nos rêves sur les choses et y tenons dur comme fer, avant de comprendre que les choses ne partagent pas notre regard. La pierre n’est point habitée de sentiments.

Nous ne nous reconnaissons plus dans les enfants d’aujourd’hui. Nous n’avions pas le droit de gémir, il fallait attendre, notre avis importait peu ; on voulait pourtant transformer le monde. Mais maintenant que nul ne décide à notre  place, nous ne savons plus quoi vouloir, le monde se transforme sans nous, plus vite que nous, et nous n’avons pas la force de lui courir après ; ni les larmes, ni les pleurs, ne font revenir les dieux d’autrefois, nous sommes à nous même notre propre miracle.

02/02/2020

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Gotlib, Chanson rose, chanson mauve.

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Le peuple dépeuplé

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Le peuple, Bosler

Chacun ne peut y aller de sa petite définition, selon son bon vouloir ; il faut pouvoir se mettre d’accord, à un moment ou un autre, sur le sens des mots ; au lieu de quoi l’on se dispute quand on dit la même chose, ou que l’on n’attribue pas la même idée aux même mots. Par exemple, beaucoup comprennent par « transcendantal » une force supérieure qui s’empare de vous, quand le philosophe référa davantage, accoutumance kantienne, aux catégories a priori de la connaissance. Un mot peut avoir des sens différents selon la discipline qui l’utilise, mais il n’en faut pas moins un caractère commun à toutes ces définitions, et c’est autour ce caractère commun, de la polysémie qu’il s’en dégage, que Platon construit ses dialogues.

Michel Onfray est bien embêté avec son concept de « peuple ». Le contenu (de quoi ca parle) doit être englobé dans le concept, ou le concept doit renvoyer, dans ce cas, à quelque chose de concret. Si je dis que le « chat » est un animal à quatre pattes avec une queue et qui mange, je peux tout autant désigner un chien qu’un cheval.  Or Michel Onfray définit le peuple comme étant « ce sur quoi s’exerce le pouvoir et qui n’exerce pas de pouvoir en retour ». Cette proposition définitionnelle s’axe autour du jeu de pouvoir, mais elle exclut aussi un bon nombre d’individus qui concrètement semblent appartenir à un même peuple. Les enfants, d’accord, les petits gens, ok (encore faudrait-il définir les « petits gens »), mais les cadres, les dirigeants, les enseignants, les hommes politiques, ne sont-ils pas des gens du peuple ? Les relations de pouvoir sont effectives à toute échelle sociale, un enfant exerce du pouvoir sur un autre, etc. Sans doute Michel Onfray parle-t-il du pouvoir proprement politique, c’est-à-dire de ceux qui organisent la société et répartissent les tâches, mais en ce cas, qu’est-ce qui permet de dire que le Président de la République ou une quelconque élite qui exerce le pouvoir ne ferait pas partie du peuple ? Pourquoi les exclure, sur quels critères ?

La définition que propose le philosophe n’est ni exhaustive, ni suffisamment englobante, ni même ne renvoie à quelque chose que l’on peut désigner, car si nul ne doute qu’il y ait «des peuples », il n’y a sur le territoire de France qu’un seul peuple, en lien avec ce territoire, et je n’ai pas le sentiment qu’une majorité de Bretons ou de Corses se sentent appartenir à un autre peuple que le peuple de France, comme cela pourrait-être le cas entre l’Ecosse et l’Angleterre ou entre l’Allemagne et l’Autriche. De plus, un peuple pourrait regrouper différentes ethnies tout en conservant le sens englobant de la définition, regardez les USA.

Prenons la définition du CNRTL :

Peuple : « Ensemble des humains vivant en société sur un territoire déterminé et qui, ayant parfois une communauté d’origine, présentent une homogénéité relative de civilisation et sont liés par un certain nombre de coutumes et d’institutions communes ».

Elle commence en précisant une notion à mon avis essentielle du concept, celle d’ensemble. Quiconque entend le mot « peuple », entends aussi l’idée d’ensemble, de groupe, réuni par des critères communs. On ne fait pas un peuple en famille, seul dans son coin, il faut différentes familles pour faire un peuple.

Ensuite, le CNRTL relie la notion à la terre, ce qu’il appelle « territoire déterminé », c’est-à-dire que l’on peut identifier géographiquement. Français et Belges parlent la même langue, il ne s’agit pas pour autant du même peuple (quoi que l’histoire et la génétique seraient me contredire), parce que leur territoire, délimité, est soumis à des organisations politiques différentes. Les individus ne font pas que cohabiter sur une terre commune tels Neandertal et Cro-Magnon, ils ont une origine commune, c’est-à-dire, autant un ADN partagé qu’un ensemble de traditions, une histoire fondatrice, des us et coutumes semblables, pensent à l’avenir ensembles, etc.

Cette définition, qui me semble plus appropriée, n’exclut pas l’idée qu’un peuple peut se construire, c’est-à-dire qu’il représente quelque chose de malléable, changeant, en devenir, ce qui, dans notre cas, comme pour le peuple américain, est très vrai. Mon ADN n’est pas française, mon sang n’a pas des globules « bleu blanc rouge », pourtant je me sens français parce qu’appartenant à un territoire, à une histoire, me déterminant dans qui je suis, l’histoire de mon peuple, le peuple de France, que je partage avec les Basques, les Ch’tis, (et pourquoi pas quelques Belges), peu importe que ce récit national soit fictionnel ou nom.

Aussi, si la notion de pouvoir permet d’éclairer une facette de l’idée de peuple, elle n’est en elle-même pas suffisante car ne prend pas en compte la complexité de ce à quoi renvoient les mots. Expliquer, vulgariser, simplifier, ne signifie pas débarrasser une définition de sa substance, ni se restreindre à un sens conceptuel, un sens qui nous arrange, ce qui est, je suppose, un travail difficile quand on a dix minutes de paroles sur un plateau télé entouré de journalistes qui ne recherchent qu’à faire du buzz.

17/01/2020

La femme est cause des malheurs du monde

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La femme est cause des malheurs du monde, ce n’est pas l’auteur qui le dit mais les mythologies fondatrices de la civilisation occidentale. Dans le mythe grec de la belle Pandore comme dans le mythe chrétien de la douce Ève, le second récit s’inspirant ouvertement du premier, la femme est l’être originel qui permet au mal de se rependre sur Terre, du moins selon une certaine lecture. Reprenons et résumons.

Prométhée a modelé les hommes à l’image des dieux, utilisant un morceau d’argile ou de terre et, pour parer à l’oublie de son frère Épiméthée, qui dans sa précipitation a négligé l’humanité – ne lui donnant aucun moyen de se défendre -, Prométhée leur offrit le feu sacré, feu qu’il déroba sur l’Olympe sous le nez et la barbe du roi des dieux. La première femme, Pandore, est le fruit de l’imagination d’un Zeus vindicatif. Elle naît pour séduire les hommes, et c’est elle qui en ouvrant sa fameuse boite libéra les maux sur le monde, il l’a conçu et crée pour ça.

Ève est de « glaise », provenant de la côte d’Adam (l’Épiméthée chrétien). Elle n’a de but que d’être la compagne de l’homme, c’est-à-dire de rompre son ennuie. C’est elle qui succombera au diable en croquant dans le fruit interdit, condamnant par sa gourmandise les hommes à la souffrance et au malheur. C’en est la fin du Jardin d’Eden comme c’en est la fin de l’Age d’or.

Pandore et Ève ont de nombreux points communs, notamment la curiosité, et toutes deux s’affranchissent d’un interdit divin, Pandore ouvrira sa boite, Ève croquera la pomme. L’une comme l’autre n’ont pas su résister à la tentation, là où les hommes se contentaient d’obéir, et l’une comme l’autre ont voulu savoir ; vouloir savoir, le premier pas vers la connaissance ; connaître, se libérer de l’ignorance. Les premiers philosophes sont aussi des femmes en ce qu’elles ont préféré braver l’interdit pour connaitre la vérité plutôt que de se contenter du confort de l’imbécile heureux.

Nuance : le désir de nos deux mères n’est pas guidé par la raison, il est tentation, c’est-à-dire gouverné par une faiblesse. Ce n’est donc pas l’envie de savoir qui les a conduits, mais une faiblesse conçue par essence dans l’entendement divin, j’y reviendrai. Néanmoins, après le divin Spinoza, ne pouvons-nous pas dire que le désir de raison n’est jamais rien d’autre qu’un affect ?

Puis viendra le déluge, dans un mythe comme dans l’autre, de Deucalion à Noé, et l’homme nouveau peuplera la terre, l’homme étant le sexe fort, la femme sa faiblesse. Le mythe chrétien n’invente rien, il pioche, plagie, copie, il s’inspire d’histoires plus ancestrales encore.

Ne jetons pas la pierre aux femmes, elles ne sont que les créations de dieux perfides, l’un la voulant comme un objet de désir pour tromper les hommes, l’autre, tout puissant, omniscient, connaissait par avance sa destinée et la punition qu’il lui avait réservée. Vous ne pouvez pas dresser un chien à mordre et lui reprocher de mordre, ni un homme à tuer et lui interdire de tuer.

Dans la mythologie grecque, les hommes sont les victimes collatérales d’un règlement de compte entre les dieux, dans la mythologie chrétienne, les hommes sont victimes d’un Dieu irascible, colère qui ne peut être dû qu’au constat de sa propre impuissance pour lutter contre une force qui s’oppose à lui. Le rebelle, c’est celui qui ne peut se contenter de l’ordre des choses. Le mythe chrétien nous dit littéralement que le bonheur n’est possible que dans l’ignorance, faisant de Satan le vrai sauveur des hommes. Sortez de l’enfance, conseil le diable, regardez la vie comme elle est, vous pouvez être libre, mais il faudra en payer le prix. Voilà notre dilemme, connaitre ou ignorer, se soumettre ou assumer, chaque jour nous voyons l’un et nous faisons l’autre.

Néanmoins le christianisme opère une séparation radicale. Alors qu’hommes et dieux se côtoyaient au pied de l’Olympe, il n’en déplaise à Zeus, le Dieu unique opère une stricte séparation hiérarchique entre lui et le reste du monde. Les hommes anciens étaient protégés de la toute puissance de Zeus par les autres dieux, Athéna, Apollon, ou notre bienfaiteur, le titan Prométhée ; qui pour protéger l’homme du Dieu chrétien si ce n’est l’homme lui-même ? Avait-il quelque chose à se faire pardonner en offrant son fils sur la croix pour un mal dont il était lui-même la cause ? Non mesdames, vous n’êtes pas coupables d’être femmes, nous ne sommes pas coupable d’être Homme, bien piètre serait le père qui reprocherait à ses enfants de tracer leur propre route suivant leur propre choix.

15/01/2020