Torride torrent

F.Lavigne 1994

Au bord du ciel, à un pas de tes lèvres, l’Enfer

Il suffisait d’un doigt, avalanche de braises

Pour engloutir la nuit, Venus, et l’univers

Que tendre mort naisse du souffle de la baise

 

Brille sous la voûte des toiles d’Arachné

La mèche charbonnée d’une tige enflammée

Brindille dansant comme le mime des ombres

Sur une scène de cire que nul n’encombre

 

Nue et ardente la nuit s’envole puis chante

Tout fond, tout d’or, s’enroule d’un drap, s’en charpente

Le soleil s’évapore dans un bain de miel

 

La bise du matin s’enivre de l’alcôve

Baignant sous les pieds limoneux d’une mangrove

Reposent deux corps nus dans une mer de fiel

 

Camille

18/02/2020

(Voila quelques mois que je n’avais pas rêvé un poème, je m’empresse de l’accoucher avant de l’oublier).

Recueil de poèmes

Chères lectrices, chers lecteurs, amis de la poésie.

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Je vous joins un recueil de l’ensemble des poèmes écrits ces cinq dernières années, écrits de jeunesse. En format PDF, n’hésitez pas à le feuilleter – vous y trouverez peut-être quelques perles – et à laisser vos commentaires.

Recueil de Poésies iconePdf

De mes mains à ta voix

De mes mains à ta voix

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Saule pleureur et nymphéa, Monet

Repose, adouci, comme sur un lit de lilas

Un cœur, enhardi, enfin ouvert à la nuit

Ô, je m’y frotta, y succomba, et m’y lia

Avant que l’aurore ne se dévoile et s’enfuit

Emportant dans ses pages un récit que nulle fin

Ne put achever en y greffant un seul point

Si tu voyais demain, quelles mains pour te cueillir

Et t’offrir au ciel comme des pensées à la mer

Si tu chantais l’émoi, quels doigts pour te faire jouir

Et te lier au monde comme les racines dans la terre

Avant que tu n’arraches le lierre de cette écorce

Qui t’étouffe, te retient et épuise tes forces

Du bout de son souffle elle le tire puis elle le chasse

A bout de bras elle le retient et le relâche

Et d’une hésitation s’élance pour une valse

Embrassant la tête comme le froid d’une hache

Plus rien ne tient, plus rien ne vient, le tout s’écroule

Et le cœur, pris de peur, sous ses pétales s’enroule

Aussi somptueux qu’est le chêne centenaire

Aussi savoureux qu’est la promesse du fruit

La jeune pousse ne peut croître au pied de son père

Sans se saisir de l’espace qui au ciel conduit

Laissant à mi sol l’adoré s’y fatiguer

Tapissant de feuilles ce que la forêt pleurait

20/09/2019

Bierstadt

Pardonnez mes humeurs

Que je ne contrôle pas

Pardonnez mes tristesses

Qui ne découlent pas

Retenez mes sourires

Ils sont là pour vous dire

Que rien n’est de votre faute

Que rien en vain ne m’ôte

Cette détresse dans le cœur

Cette détresse de malheur

 

Toute explosion de joie

Est pour moi un effroi

Car quoi que je possède

Une raison pour remède

Je perds contre moi-même

Ce combat où je sème

Encore plus de peine

Qui m’enivre et me freine

De son poids, m’engloutit

De sa voix m’engourdit

24/03/2019

La pêcheuse

Je me laissais noyer

D’un haut vertige sombrais

Me fit épave, cadavre

Qui de la nuit fait havre

 

Quand au fond des abysses

Se laissant entrevoir

Un trésor, un calice

Un ressort dans le noir

 

La surface s’illunait  

Et le ciel renaissait

Sur le friselis gris

D’une mer endormie

 

J’ai retrouvé ton air

Me drossant vers la terre

Piégé dans tes filets

Enfin je remontais

 

05/02/2019

Cupidon

 

 

Laisse s’illuminer ta passion.

Donne naissance à tes visions

Le futur nous attend,

Repeins-le au présent

Tu portes en ton sein mes jours,

Mes nuits, mes rêves, mon amour,

Je te serai esclave ou je te serai roi

           Pourvu que je tisse les mêmes fils que toi

                                    L’amoureux qui donne reçoit plus encore

           Blâme les âmes sans poème, sans fantasmes

La pauvreté des jours, le marasme

N’est pas le pain des poétesses

Qui du quotidien tirent leur richesse

De toi à moi ma Joconde

Traversés d’un seul carreau

De notre union naitra un monde

Et la respiration du berceau

 

23/10/2018

Les rêveries du dormeur solitaire

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Afremov

Quelle est cette pensée qui trotte dans ma tête ?

Ce sont les suaves chamades rythmées de mon cœur,

Que tu chevauches, légère, à pas de trotteur.

Tes yeux, pour mors, suffisent à dompter la bête.

 

Si long est le chemin qui m’amène vers toi.

Courtes sont mes nuits quand je te rêve et te vois.

Je t’espère à chaque tournant, à chaque croix de pierre.

Mais le sentier se couvre de feuille et me perd.

 

 

Hô ! Comment ai-je pu autant me trompé de route

Pour ne point croiser et partager ton destin ?

L’hiver arrive et tu t’éloignes sous la voute

D’un ciel que je voudrai retenir de mes mains

 

Tu as pourtant mille malices pour me réchauffer,

En dansant avec moi comme une ardente flamme,

Les corps bouillonnant l’un contre l’autre, calcinés,

Nos deux âmes enlacées dans ce brasier s’enflamment

 

Je m’attache à tes lèvres et m’endors à ton cou

La sombre pièce est tiède mais le lit y est doux

Le réveille est glaçant et mon sommier noyé

Je rêve de t’aimer, perché dans mon pommier.

15/09/2018

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Afremov