Réflexion sur les facultés de l’esprit .

Avertissement : J’entends et limite les facultés de l’esprit aux facultés intellectuelles.

 

Esquisse de définitions :

L’entendement est la faculté qui synthétise et traite l’ensemble des perceptions sensorielles.

La raison est la faculté qui manipule les concepts.

Un concept est une représentation mentale de quelque chose englobant l’ensemble de ses possibilités définitionnelles (qui dit définition dit langue).

La représentation est ce que perçoit du monde un sujet. La représentation consiste autant à recevoir des informations du monde (monde vers sujet [Aristote]) que dans exactement le même temps l’informer et lui donner un sens (sujet vers le monde [Descartes]).

L’idée est l’objet sensoriel ou mental que l’esprit se représente ou conçoit.

La pensée est un enchainement d’idées (et à plus longue échelle de concepts) à partir du support langagier.

L’intuition est une idée de quelque chose qui n’émerge pas d’un raisonnement.

L’imagination est la faculté de produire une image mentale.

La conscience est la faculté d’avoir connaissance de soi-même ou de quelque chose, état intérieur de cette connaissance.

 

Autres :

Concevoir c’est avoir une idée non définie et/ou dépourvue d’imagination. Par exemple je conçois l’idée de néant mais n’en ai pas l’image.

La cohérence est la complémentarité logique de plusieurs propositions. L’enchainement de plusieurs propositions s’appelle un raisonnement.

La logique est la science qui traite des processus rationnels de la pensée.

La science est l’organisation des savoirs (les sciences étant la recherche de ce savoir s’organisant autour d’un objet précis et suivant une méthode expérimentale. Les sciences expérimentales cherchent à démontrer la fausseté de leurs propositions, elles ne prétendent pas dire la vérité mais tiennent pour vraie une hypothèse jusqu’à ce qu’elle soit contredite. Les disciplines non expérimentales, inversement, cherchent à prouver la vérité de leurs propositions.

Le savoir est l’organisation et l’ordonnance des connaissances. C’est aussi l’acquisition et l’intégration d’un ensemble d’aptitudes et de techniques par un individu.

La connaissance est l’acquisition d’un ensemble d’idées, c’est à dire l’acte de pensée qui saisie un objet.

La croyance c’est tenir quelque chose pour vrai sans que cela n’ai été démontré.

Voila pour une liste des facultés intellectuelles de l’esprit ni exhaustive ni éclectique. A quel point sont-elles purement intellectuelles ? Exemple : – Peut-on penser sans image ? Peut-on imaginer sans facultés sensorielles ? L’imagination peut-elle se passer du langage ? Mais peut-on penser sans langage, et peut-on avoir une langue sans organe du langage, donc peut-on penser sans langage ? (Précision, le langage est le support de la langue).

 

Propositions, hypothèses et problématiques :

1) Si la représentation peut se passer de la pensée (animal) mais non pas de l’entendement et donc du corps, en revanche la pensée ne peut pas se passer de la représentation. Par conséquent la pensée est impossible sans le corps, ce qui exclut toute théorie d’une âme immatérielle pensante.

2) – La vérité est la correspondance adéquate entre l’idée et la représentation (ou le monde).
– La cohérence ne signifie pas vérité. Une proposition peut être cohérente mais fausse.
– Les idées mathématiques sont des « idées ». Les mathématiques ne sont pas un monde à part existant indépendamment du monde sensoriel.
– Conséquence : la cohérence des idées mathématiques ne signifie pas ni ne prouve qu’elles sont vraies.

Est-ce que 2 + 2 = 4 est une vérité ? Non si on s’en tient à la définition de la vérité proposée, car pour qu’il y ait vérité il faut qu’il y ait une correspondance empirique. Alors pourquoi les mathématiques fonctionnent-elles et paraissent-elles nécessaires ? Sont-elles au fondement l’entendement (proposition kantienne) ? On telles une réalité ? Faut-il donner une réalité aux idées, aux productions abstraites de l’esprit ? Faut-il redéfinir le concept de vrai ? Comment définir le concept de réel ?

Sur quelques définitions

 

liberté egalité vos papiers

Je voudrai revenir sur quelques définitions, immensément non exhaustives, autour des valeurs et des piliers de notre démocratie. Je voulais au début écrire sur ces mêmes piliers de la démocratie. Mais lors de ma courte méditation je me retrouvais perdu et incapable de dire si la démocratie reposait sur des idées telles que la justice et l’égalité, ou si ce n’était pas plutôt c’est idées là qui reposaient sur la démocratie. Ne pouvant approfondir ma réflexion en ce sens, considérant que les uns ne vont pas sans les autres, je me contenterai d’un travail de définitions simples à partir desquelles on pourra s’appuyer pour dialoguer.

La démocratie est une organisation politique où les décisions sont prises par l’ensemble de la communauté citoyenne et ce pour l’intérêt de tous les citoyens, minorités comprises. Pour résumer selon la formule de Lincoln, c’est le « gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple». Le terme de démocratie étant composé de dêmos (l’ensemble du peuple) et de kratos (le pouvoir).

La république est une organisation sociale et politique où les affaires publiques de la cité concernent tous les citoyens. Chacun a un droit de regard sur elles. République étant composée de res publica signifiant la « chose publique ». Attention, la république n’est pas nécessairement démocratique. Sans rentrer dans les détails des organisations politiques qui composent notre monde, l’ouvrage majeur de Platon s’appelle La République, mais la cité idéale qu’il y dépeint n’est pas une démocratie. Seulement Platon aborde toutes les questions concernant le domaine publique (et bien plus dans ce cas là).

Je définirai l’idée de Justice, pour englober un maximum de ses rameaux conceptuels, comme la recherche de l’équilibre. En effet, ainsi je prends en compte l’idée que le juste est celui qui trouve la bonne réponse, que la juste-mesure signifie concilier les extrémités en trouvant le point de gravité, mais aussi que la justice en tant que valeur démocratique et en tant qu’institution cherche à compenser les déséquilibres ou à corriger les inégalités.

La liberté est une disposition/état où les facultés d’agir et de penser sont soumises à une moindre contrainte oppressive. La liberté ce n’est point faire ce que je veux quand je veux. Et d’ailleurs je ne le peux point. Mon corps et mon esprit sont soumis à la nécessité. J’opte donc pour une définition négative de la liberté, c’est-à-dire comme absence de contraintes.  J’ajoute oppressive suivant cette idée que la contrainte naturelle n’a pas la même valeur que la contrainte culturelle ou politique. Aussi je considère que la France est un pays où les citoyens sont libres. Ils sont libres de penser ce qu’ils veulent, ils sont libres de se réunir et de parler de ce qu’ils veulent. Ils sont libres de se déplacer à leur guise, etc.

Il ne faut pas confondre l’égalité avec l’équité. L’équité signifie à chacun la même chose quantitativement. L’égalité c’est un état des citoyens qui prend différentes formes selon le point de vue que l’on aborde.

Tout d’abord il y l’égalité devant la loi : pauvres et riches, faibles et puissant, sont punissables de la même manière pour les mêmes infractions. Ils sont soumis aux mêmes droits et aux mêmes devoirs réglés par la loi.

Ensuite je trouve l’égalité devant la vie : la valeur d’une vie ne vaut pas plus qu’une autre. Je précise bien d’une vie parce que j’ai cette mauvaise pensée qu’un homme peut peut-être valoir plus qu’un autre dans certains domaines.

Puis il y a l’égalité des chances : avec des conditions de départs différentes, chacun doit pouvoir arriver au même but suivant le même taux de réussite. Aussi la justice consiste à rééquilibrer la chance en offrant plus de moyen à ceux qui commencent avec un handicap suite à une inégalité de naissance.

Le dernier terme de la devise républicaine est la Fraternité, c’est-à-dire la disposition à aider son prochain. Fraternité sous entend qu’en tant qu’humain et citoyen d’une même nation nous devons nous considérer (ou nous sommes) comme des frères (et des sœurs). Autrement-dit on peut se chamailler met l’on doit s’entre-aider si la nécessité se fait sentir. C’est peut-être le plus métaphysique des trois termes de notre devise, et celui qui perd le plus de sa valeur dans l’esprit des hommes au fur et à mesure que notre nation avance dans le temps. Il forme pourtant un triolet, ce qui signifie que ni la liberté, ni l’égalité, ne peuvent se passer de la fraternité, et vise versa.

La laïcité  est la séparation entre l’Etat et la religion. Une séparation qui signifie aussi que l’Etat est impartial et neutre vis-à-vis des confessions religieuses, mais qu’à aucun moment et aucun lieu la religion ne peut s’immiscer dans les affaires de l’Etat. La laïcité est la garantie du vivre ensemble. Notez que le vivre ensemble peut se passer de la laïcité, c’est le cas dans de nombreux pays où différentes confessions se côtoient en paix. Mais la laïcité permet aussi la liberté des opinions. Aussi elle protège l’athée, elle protège la liberté sexuelle, elle protège les droits de la femme en tant que les religions ont une légère tendance décider de ce qui est bien et de ce qui est mal, etc.

Ce travail de définition n’est pas exhaustif et j’essaierai tant bien que mal de prendre en compte les remarques où les compléments de mes lecteurs.

23/08/2018