La femme est cause des malheurs du monde

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La femme est cause des malheurs du monde, ce n’est pas l’auteur qui le dit mais les mythologies fondatrices de la civilisation occidentale. Dans le mythe grec de la belle Pandore comme dans le mythe chrétien de la douce Ève, le second récit s’inspirant ouvertement du premier, la femme est l’être originel qui permet au mal de se rependre sur Terre, du moins selon une certaine lecture. Reprenons et résumons.

Prométhée a modelé les hommes à l’image des dieux, utilisant un morceau d’argile ou de terre et, pour parer à l’oublie de son frère Épiméthée, qui dans sa précipitation a négligé l’humanité – ne lui donnant aucun moyen de se défendre -, Prométhée leur offrit le feu sacré, feu qu’il déroba sur l’Olympe sous le nez et la barbe du roi des dieux. La première femme, Pandore, est le fruit de l’imagination d’un Zeus vindicatif. Elle naît pour séduire les hommes, et c’est elle qui en ouvrant sa fameuse boite libéra les maux sur le monde, il l’a conçu et crée pour ça.

Ève est de « glaise », provenant de la côte d’Adam (l’Épiméthée chrétien). Elle n’a de but que d’être la compagne de l’homme, c’est-à-dire de rompre son ennuie. C’est elle qui succombera au diable en croquant dans le fruit interdit, condamnant par sa gourmandise les hommes à la souffrance et au malheur. C’en est la fin du Jardin d’Eden comme c’en est la fin de l’Age d’or.

Pandore et Ève ont de nombreux points communs, notamment la curiosité, et toutes deux s’affranchissent d’un interdit divin, Pandore ouvrira sa boite, Ève croquera la pomme. L’une comme l’autre n’ont pas su résister à la tentation, là où les hommes se contentaient d’obéir, et l’une comme l’autre ont voulu savoir ; vouloir savoir, le premier pas vers la connaissance ; connaître, se libérer de l’ignorance. Les premiers philosophes sont aussi des femmes en ce qu’elles ont préféré braver l’interdit pour connaitre la vérité plutôt que de se contenter du confort de l’imbécile heureux.

Nuance : le désir de nos deux mères n’est pas guidé par la raison, il est tentation, c’est-à-dire gouverné par une faiblesse. Ce n’est donc pas l’envie de savoir qui les a conduits, mais une faiblesse conçue par essence dans l’entendement divin, j’y reviendrai. Néanmoins, après le divin Spinoza, ne pouvons-nous pas dire que le désir de raison n’est jamais rien d’autre qu’un affect ?

Puis viendra le déluge, dans un mythe comme dans l’autre, de Deucalion à Noé, et l’homme nouveau peuplera la terre, l’homme étant le sexe fort, la femme sa faiblesse. Le mythe chrétien n’invente rien, il pioche, plagie, copie, il s’inspire d’histoires plus ancestrales encore.

Ne jetons pas la pierre aux femmes, elles ne sont que les créations de dieux perfides, l’un la voulant comme un objet de désir pour tromper les hommes, l’autre, tout puissant, omniscient, connaissait par avance sa destinée et la punition qu’il lui avait réservée. Vous ne pouvez pas dresser un chien à mordre et lui reprocher de mordre, ni un homme à tuer et lui interdire de tuer.

Dans la mythologie grecque, les hommes sont les victimes collatérales d’un règlement de compte entre les dieux, dans la mythologie chrétienne, les hommes sont victimes d’un Dieu irascible, colère qui ne peut être dû qu’au constat de sa propre impuissance pour lutter contre une force qui s’oppose à lui. Le rebelle, c’est celui qui ne peut se contenter de l’ordre des choses. Le mythe chrétien nous dit littéralement que le bonheur n’est possible que dans l’ignorance, faisant de Satan le vrai sauveur des hommes. Sortez de l’enfance, conseil le diable, regardez la vie comme elle est, vous pouvez être libre, mais il faudra en payer le prix. Voilà notre dilemme, connaitre ou ignorer, se soumettre ou assumer, chaque jour nous voyons l’un et nous faisons l’autre.

Néanmoins le christianisme opère une séparation radicale. Alors qu’hommes et dieux se côtoyaient au pied de l’Olympe, il n’en déplaise à Zeus, le Dieu unique opère une stricte séparation hiérarchique entre lui et le reste du monde. Les hommes anciens étaient protégés de la toute puissance de Zeus par les autres dieux, Athéna, Apollon, ou notre bienfaiteur, le titan Prométhée ; qui pour protéger l’homme du Dieu chrétien si ce n’est l’homme lui-même ? Avait-il quelque chose à se faire pardonner en offrant son fils sur la croix pour un mal dont il était lui-même la cause ? Non mesdames, vous n’êtes pas coupables d’être femmes, nous ne sommes pas coupable d’être Homme, bien piètre serait le père qui reprocherait à ses enfants de tracer leur propre route suivant leur propre choix.

15/01/2020

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