Le Big-Bang à l’épreuve de la philosophie

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Il est dit que le son n’est pas perceptible dans le vide de l’espace. La plus grande explosion que l’Univers ait connue fut-elle aussi la plus silencieuse?

Si l’imagination ne résoudra pas les problèmes de la création, il est en notre pouvoir d’interroger le peu de connaissances que l’on détient sur le sujet. Les astrophysiciens me riraient au nez, je n’ai pas leur formation, mais ils ne seraient pas davantage certains de leur savoir que nous le sommes de la force du doute. Comme nous, le cadre de leur connaissance a des limites, non pas du seul Univers, mais des facultés de l’esprit. Évitons de nous faire théologien en voulant absolument démontrer des principes que l’on poserait petitio principii.

Il n’est pas dit que le Big-Bang ne naissait de rien, il est dit que l’on n’en sait rien. Nos connaissances réelles s’arrêtent aux frontières de Plank, la plus petite unité théorique de temps. Quelque chose pouvait être déjà là, ou pas, et le mystère reste entier. Aussi, philosophes, remarquez au passage, dans l’hypothèse d’un univers en rebond, c’est-à-dire, grossissant, puis se rétractant en un point infime pour rebondir de nouveau (le Big-Bang/Big-Crunch), que l’idée de « L’Eternel Retour »  prend alors un sens différents, le monde se reproduit sans fin. Remarquez que ces idées se marient aussi aux définitions spinoziste ; si l’Univers est la « Nature/Dieu », alors, selon la définition de la substance chez Spinoza, il était toujours déjà-là, car il appartiendrait à son essence d’exister. Le temps n’est plus alors qu’une modalité. Il ne s’agit plus de penser l’Univers comme une suite et une succession événements, mais comme un tout immuable et éternel auxquels ont attributs des affections, c’est-à-dire, différents modes de perceptions. En ce qui concerne la forme générale de ses hypothèses, la science ne nous en dit ni plus, ni moins, elle se contente simplement de détailler davantage le contenu, non le contenant.

Certaines de ces hypothèses envisagent que l’espace et le temps soient intiment liés, au point où l’un et l’autre pourraient être une même chose, mettant hors-jeu nos catégories d’avant, de maintenant, et d’après. Ce n’est point la une découverte scientifique, mais une proposition théorique, un résultat auquel vous pourriez parvenir en partant de l’esthétique transcendantal kantien, ou encore de la métaphysique spinoziste*. Cependant, je voudrai remettre en doute l’exemple d’un Univers contenu, à son commencement, dans une tête d’épingle. Pourquoi ? Car, par définition, le commencement de l’Univers est aussi la création des idées d’espace et de temps, et en conséquence, on ne peut mettre en perspective une unité de grandeur « tête d’épingle », avec rien. Ceux qui le font, le font toujours et nécessairement en imaginant un contenant vide et abstrait à grandeur d’homme dans lequel tiendrait cette tête d’épingle, ce qui est absurde, puisque cela reviendrait à dire que le temps et l’espace ne sont pas des propriété de l’Univers, mais existerait en dehors, par exemple, dans un Univers englobant le nôtre. Problème, les multivers ne résolvent en rien les questions de la cause et des origines, car nous pourrons toujours remonter la chaîne de causalité, insatisfaits de ne pas comprendre le pourquoi du comment. Finalement, les théories les plus abouties que nous avons, sur ce sujet, ne sont pas scientifiques, mais philosophiques, et concernent plus précisément la philosophie de la connaissance.

Pour répondre à ma question initiale, il n’est pas prouvé que le Big-Bang doive être conçu selon l’idée « d’explosion ». L’explosion sous-entend une importante décharge d’énergie en un instant précis. Ce n’est pas la question d’énergie que je remets en cause, mais la question de l’instant. L’instant est peut être un non-sens quand l’on se situe à « l’origine » de l’Univers, puisque l’instant est un moment de la temporalité, et que la temporalité n’est connue qu’après le Big-Bang. Au lieu de parler  d’explosion, on pourrait aussi bien parler d’accélération, de grossissement, ou d’un phénomène que l’on ne conçoit pas encore.

En ce qui concerne le son, il n’est rendu possible que lors de la création de la matière. Il n’est pas impossible qu’au commencement, quand toute la matière était condensée, que le son se fraie un chemin, mais il n’est pas aussi impossible que, l’amas de matière étant si important en un si petit espace, qu’aucun mouvement ne permettait au son de se diffuser. Sans doute faut-il des atomes particuliers et un peu de vide pour servir de support au son. En tout cas, il est probable que l’on ne puisse pas parler de « vide spatiale » au moment du Big-Bang.

17/12/2019

 

*Je suis désolé de ne pas approfondir davantage un sujet mainte fois abordé dans d’autres Propos.

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