Sur l’écologie

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Terminator Renaissance

L’écologie n’est pas une histoire de mesures politiques appliquées ici et là, l’écologie est un projet social. Il ne suffit pas d’un ministère pour régler question écologique car cette dernière concerne autant l’éducation, le travail, la santé, la culture que l’agriculture et l’économie.

Le premier obstacle à l’écologie est qu’une politique écologique concrète et réalisable n’est pas compatible avec une politique libérale productiviste et commerciale. Il s’agit de deux modes de penser le monde assez différents. Elle nécessite de repenser les valeurs sociales qui fondent notre société et participent à construire les individus. Or le libéralisme ne s’intéresse à la question écologique que du seul point de vue commerciale, c’est-à-dire en rendant les produits de l’écologie rentables.

Le problème écologique tel que présenté par les médias tourne autour de la question énergétique, c’est-à-dire du comment produire en polluant en moins, alors que l’enjeu majeur de la question est en vérité d’abord un enjeu éthique, autrement-dit : comment vivre en limitant au mieux les impacts négatifs de mon action sur l’écosystème ?

On ne peut se prétendre écolo quand l’on rejette une bonne dose de CO2 dans l’atmosphère à chaque fois que l’on prend sa voiture pour aller faire ses courses, question de choix, de sacrifices et de moyens. Penser l’écologie demande donc de penser la question des distances, la question du temps, la question de la nécessité des besoins et aussi, d’un retour à la terre, et c’est pourquoi je parle de projet social. Tout déplacement rapide sur de longues distances est nécessairement coûteux en énergie. Que choisir alors ? Peut-on accepter de ne pas parcourir le monde par soucis pour la planète ?  Et si on le parcours, comment le parcourir ?

Le pédagogue ne peut pas se contenter de prêcher la bonne morale sur les questions écologiques. Sensibiliser est une chose, mettre en pratique en est une autre, et un petit groupe d’individus isolés ne pèse pas face à une organisation sociale fondamentalement opposées dans son fonctionnement à l’idée d’écologie. Cependant une question d’une telle ampleur permet-elle de légitimer la violence ?

Comment rendre les individus soucieux de l’environnement ? D’abord en créant une proximité entre eux et leur environnement, c’est-à-dire avec le monde proche, le monde ambiant, le monde des sens. Apprendre à voir, apprendre connaitre, c’est aussi apprendre à respecter la chose que l’on connait, à prendre soin, et ce respect sera d’autant plus grand que l’individu sera en mesure de situer sa connaissance dans l’harmonie du monde qu’il côtoie.

Un retour à la nature ne nécessite pas d’abandonner l’ensemble du confort auquel nous nous attachons tant et que le monde nous envie, cela signifie d’abord questionner la portée de nos gestes et leur impact sur l’environnement ainsi que les moyens pour y remédier.

L’enjeu écologique ne se limite pas seulement à la question eschatologique de la fin du monde, mais aussi à la question du bonheur. Les troubles existentiels modernes sont en partie provoqués par la structure même de la société de consommation et médiatique. Le message de la publicité de manière générale est que consommer = bonheur. Les modèles de réussite que l’on nous présente sont toujours des chimères, l’information médiatique n’est même pas le reflet de la réalité, une publicité ne vous montrera jamais la vraie valeur d’un homme. Les médias présentent le monde comme une chose à porté de main, nous donnant à croire que tout est possible, tout est réalisable, et que nous pouvons devenir d’autres hommes que ce que nous sommes, ce qui est dans 99% des cas de l’humanité improbable. On n’échappe pas à un système qui nous fait en même temps qu’on le fait.

Qui aspire à être heureux devra se passer du bavardage médiatique, en même temps qu’il devrait autant que possible se passer des biens de consommations qu’on lui présente comme essentiel. Le bonheur n’est pas dans la possession, le bonheur n’est pas dans la réalisation, et le bonheur n’est pas pour demain, il est maintenant où il n’est pas, dans le fait d’être bien avec soi-même et le monde qui nous entoure.

Or les modes de vie les plus écologiques sont aussi des modes de vie qui participent le plus à la sérénité. Il faut accepter de rompre avec la vitesse et les contraintes de la montre, accepter de vivre avec le temps que nous offre la terre et non pas avec le temps imposé par l’économie productiviste. La seule pression qui mérite de nous contraindre est la pression atmosphérique, certainement pas celle du travail. Car admettez le, non seulement le travail moderne presse, mais de plus il presse dans le vide, car combien d’hommes peuvent réellement se venter de se sentir participer à la production d’un projet commun ? Qui peut réellement prétendre voir le fruit de son travail et le sens de ses actions ? Les artisans, les artistes, les producteurs, les enseignants, les médecins, les coiffeurs ? Mais celui pour qui l’augmentation du chiffre d’affaire est le sens du travail celui là n’est certainement pas prêt à respecter la planète, car l’écologie nécessite de s’intéresser au monde concret et réel, et non pas au fictif et virtuel, et elle nécessite donc de redéfinir la valeur des choses, travail de titan.

22/09/2019

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