Sur Dieu

 

naissancedevenus
Cabanel, naissance de Vénus

J’ai souvent parlé de l’inexistence de Dieu, aujourd’hui je vais parler de son existence. Supposons un pari inverse au pari pascalien. Pascal nous engage à parier sur l’existence de Dieu, car s’il existe, nous dit-il, on aura la récompense d’avoir cru en lui, alors que s’il n’existe pas, il n’y aura rien à perdre. Il se trompe, nous avons toute une vie à perdre.

Peu importe sa croyance, mieux vaut vivre selon une éthique athée qu’à l’ombre d’une morale religieuse. En effet, si Dieu n’existe pas (dans les faits) mais que le sujet croit en lui, il se sera abstenu, durant son existence, de réaliser des actions qu’il avait envie de concrétiser, par peur de décevoir Dieu. Il aura gâché des plaisirs qu’il ne retrouvera jamais. Inversement, si Dieu existe mais que le sujet ne croit pas en lui, agissant selon ses désirs et en son âme et conscience, Dieu, dans sa grande bonté, lui pardonnera son ignorance pour peu qu’il ne fut pas génocidaire. Le pire étant pour un croyant qui commettrait néanmoins le mal.

Le christianisme a imprégné des siècles d’histoire, si bien que même des personnes se revendiquant athées peuvent avoir en eux cette mauvaise conscience qui leur dit que leur action est mauvaise, même quand ils sont seuls et ne dérangent personne. Ils peuvent agir « comme si » une instance supérieure les observées indéfiniment, en toute impunité, et en toute transparence. C’est le complexe du Truman Show. Cette instance aurait bien du temps à perdre pour juger chaque pensée, chaque fantasme et chaque mauvaise action d’un homme. Qu’est-ce que cela lui apporterait si ce n’est de constater qu’il a loupé quelque chose dans sa création.

Si Dieu existe, il est vrai que l’on pourrait se passer de lui ; il n’a pas beaucoup le souci des hommes. A moins qu’il soit scientifique faisant expérience ; la terre serait son éprouvette. Que vaudrait un créateur qui abandonnerait une moitié de sa création à la souffrance ? L’intelligence humaine a fait plus pour l’humanité que l’ensemble des miracles divins, et malgré tous leurs défauts, les hommes ont plus de respect pour leurs artefacts ou ses champêtres troupeaux, que le bon Dieu n’en a eu pour les hommes et pour les animaux. Peut-on être omnipotent, tout puissant, et faire le choix de laisser torturer, souffrir, mourir, des hommes innocents, le tout en parfaite connaissance de cause ? Avons-nous donc plus de cœur que lui ?

Nul ne peut s’exprimer en son nom, nul ne peut prétendre agir à sa place, et qui envoie des hommes mourir pour lui n’est ni grand, ni noble. Si l’homme est à l’image de son créateur, c’est que le créateur est imparfait.

20/12/2018

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