Mea-culpa

 

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J’ai conscience de cette mauvaise moraline qui souvent ressort de mes propos. C’est un péché d’orgueil qui éloigne mes écrits de leur but initial : être lu par tous et de manière apaisée. L’auteur sait pourtant qu’il n’est personne et qu’il n’est pas en mesure de faire la morale. Je voudrai toutefois rappeler que les propos ne sont pas un travail de recherche universitaire, et que par conséquent la raison est parfois dépassée par la passion, à mauvais titre peut-être. L’auteur écrit autant avec sa tête qu’avec son cœur. Aussi comme je l’ai déjà évoqué ailleurs, les idées ont ici autant d’importance si ce n’est moins que le cheminement qui les amène. Les propos sont comme le reflet d’une pensée en mouvement, parfois contradictoire, parfois paradoxale, mais une pensée qui essaye au mieux de se justifier. Aussi, s’il est clair que j’attache une grande importance du rapport entre la parole et l’acte, et que je considère que dire engage à agir, j’averti toutefois le lecteur qu’il faut mieux éviter, pour construire une vraie conversation philosophique, de produire une argumentation ad hominem, c’est-à-dire d’attaquer celui qui énonce une idée sur sa propre vie, et préférer une argumentation ad rem, c’est-à-dire qui porte sur les idées elles-mêmes, et qu’il est plus productif de s’intéresser à ce que peut valoir telle idée indépendamment de l’auteur qui l’énonce. C’était toute la démarche socratique, et je m’en veux de trahir ce maitre. Evidemment que la vie de l’auteur n’est pas toute rose, évidemment qu’il y a des contradictions entre l’acte et la parole, néanmoins l’écrit permet aussi d’orienter son éthique et de partager ces idées noires, ces nébuleuses passions qui nous animent, de montrer qu’il s’agit là de choses humaines, bien humaines, et qu’il faut mieux les voir et les combattre (si besoin) que de faire comme si elles n’existaient pas et de se laisser gouverner par elles. Et comme il arrive de se tromper dans ses choix, ils arrivent de se tromper dans ses idées. L’important est d’apprendre de ses erreurs.

Je constate aussi que l’on peut tenir deux propos totalement différents selon la situation à laquelle on l’applique. Par exemple : oui voler est moralement condamnable, mais oui voler peut aussi être moralement acceptable. C’est pourquoi la philosophie ne prétend point dire la vérité universelle, elle prétend juste la rechercher, et j’essaie autant que possible de la mettre en lien avec des situations de vie qui parleront à chacun.

L’auteur a aussi conscience que ses propos chocs n’atteignent pas le but escompté. En effet la provocation plaira et suscitera l’adhésion de ceux qui pensent déjà de la même manière alors qu’elle produira le rejet de ceux que l’on voudrait convaincre. Il y a une forme de condescendance dans la provocation, mais d’une certaine manière elle atteint aussi son but quand elle amène une réaction, même s’il s’agit là d’une réaction de colère, en ce qu’elle pointe et au oblige à réfléchir sur un sujet, le point de départ pour se remettre en cause. Le premier mouvement est souvent de colère et d’indignation, mais quand les passions se calment et que la raison redevient reine, l’on finit par voir le vrai dans ce qui d’abord nous contrariait. Je voudrai pourtant des propos plus sage, et je sais parfaitement que je n’atteindrai pas le cœur en visant la raison. L’amour ne se convainc pas pour mon plus grand malheur.

Pour terminer ce mea-culpa, j’ai conscience de la répétition excessive de mes marottes et du retour des mêmes exemples, notamment en matière de sentiment. J’ai aussi conscience que si j’éprouve le besoin ici de réexpliquer les propos et de justifier ma démarche c’est que ceux-ci ne sont pas clairs par eux-mêmes et qu’ils ne résisteraient pas longtemps à la critique construite d’un grand philosophe. C’est pourquoi je continue d’écrire, pour m’améliorer pour me corriger, et croire qu’un jour je parviendrai à atteindre une forme de pureté qui inspire le respect. Le chemin est encore long mais si dans dix ans je me retourne sur mon propres travail, sans doute le trouverai-je ridicule, mais peut-être, aussi, que je n’aurai pas à en rougir.

05/10/2018

 

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