Le carnaval de la République

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La République Française rêvait d’éblouir le monde par la grandeur de sa liberté et de la paix retrouvée. Une éducation pour tous, le droit à la santé, une souveraineté citoyenne, elle inscrivait sur ses frontons : Liberté, Egalité, Fraternité.

En 1793 les armées de la République, fortes d’environ trente mille hommes, entraient en Vendée sous la conduite du général Turreau. Leur objectif, réprimer la révolte des royalistes religieux vendéens contestant le pouvoir de Paris. On se souviendra de ces tristes colonnes sous le nom des colonnes de Turreau, ou des douze colonnes infernales. Un bain de sang recouvrit la Vendée. Viols, massacres, carnages, les colonnes vendéennes n’avaient rien à envier aux Waffen SS Totenkopf cent-soixante ans plus tard. On estime qu’au moins deux cent mille Vendéens sont morts ou disparus, écrasés sous la botte d’une république naissante, soit ¼ de la population de la région. Cette histoire peut être à nuancée, elle ne pas être aussi terrible que je l’écris[1], cela n’empêche pas l’idée que la République est née avec des horreurs des plus innommables.

Au même moment Robespierre faisait éliminer les « ennemis » de la République. Entre dix mille et cent mille hommes sont guillotinés car susceptibles de ne pas soutenir l’entièreté de la Révolution Française. Révolution qui n’a de française que le nom, puisque la majorité du soulèvement à lieu à Paris où l’on va substituer au pouvoir parisien, un autre pouvoir parisien, au nom des peuples de France.

L’histoire ne s’arrête pas là. En 1971, après la défaite des armées française face à Bismarck, la commune de Paris s’organise autour d’un modèle libertaire anti-jacobin. La République Française, incarnée par Adolphe Thiers, s’enfuit à Versailles. Quel étrange symbole que ces prétendus républicains réunis dans le château du Roi Soleil et qui feront, en moins d’une semaine, exterminer jusqu’à trente mille parisiens, allongeant des enfants de cinq ans le long des murs pour les fusiller comme traites à la nation Française.

De 1900 à 1914, des mouvements libertaires, anarchistes, d’inspiration communarde, s’étendent en France et dans d’autres pays de l’Europe. En même temps, Jaurès s’insurge contre l’éventualité d’une guerre et milite pour l’alliance de tous les ouvriers du continent. Il est assassiné un jour avant la mobilisation générale. L’assassin, Raoul Villain, sera gracié en 1919. La République Française envoie des ouvriers, des agriculteurs, des artisans, des enseignants, patauger dans la gadoue des tranchées et se faire tirer comme des pigeons, pendant que les femmes s’engouffrent dans les usines, au nom du drapeau tricolore. Combien de politiciens enfouis sous terre, combien de fils de politiciens, de fils d’industriels, de fils de banquier ? Les pauvres gens servent de chair à canon pour la nation. Mais de quelle nation parle-t-on ? Comment une nation digne de ce nom peut-elle envoyer ses enfants mourir au combat ?

L’empire Français a fait appel à des milliers de colonisés pour défendre ses couleurs. Quelle récompense pour ces français morts pour leur patrie ? Ils ont eu le droit de se taire. La République n’aurait-elle pas mieux fait de consolider cet Empire par la reconnaissance du sacrifice des colonies? Elles finiront par s’en aller.

En 1940 l’Allemagne nazi envahit une France lasse de la guerre, c’est la déroute, l’humiliation, la résignation. Le gouvernement de Vichy met alors en place la collaboration. Il organise la rafle et l’exportation des Français de confession juive pour satisfaire les intérêts des teutons à croix gammées. Le collaborateur n’est pas seulement un mouchard, c’est un lâche prêt à trahir ses frères pour sauver sa peau.

L’ombre de la honte plane sur chaque décennie de la République Française. Les belles idées des Lumières, les grands principes de la révolution, ont été étouffés dans l’œuf. Il n’ont jamais vu le jour, confisqués par quelques-uns qui toujours les dépouillent à leurs avantages. Ce qui aurait dû être une fête est un cimetière où défile le carnaval de la République, un carnaval drapé du sang des morts pour la France. L’histoire se répète, les petits gens meurent pour les intérêts des hommes de pouvoir. Mais combien de Thiers, de Pétain, de Clémenceau, avons-nous vu sur les champs de bataille, prêts à mourir pour les autres ? Où est passé de Gaulle, ou est passé Césars, l’épée à la main, en lutte avec un adversaire pour montrer l’exemple à leurs hommes ? Un chef ne devrait jamais exiger de ses subordonnés qu’il fasse ce que lui n’a jamais fait.

[1] Magazine Guerre et Histoire n°42 Avril 2018

08/08/2017

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